03 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Café :

Un jour matinal, accompagné par une brise hivernale, honore les grandes artères de la ville. Forcé de se réveiller lors des cinq jours répétitifs de la semaine, tu te sépares de ton oreiller difficilement pour regagner la vie des mortels. Les yeux mi-clos, les paupières tombantes, tu te regardes dans la glace. Tes traits ne semblent pas les tiens. Un silence profond règne au fond de ton corps. Un dilemme entre réveil et sommeil s’accroît douloureusement dans tes veines. Tu ouvres le robinet et tu claques l’eau machinalement sur ton visage avec tes mains timides. L’eau est froide. Tu te regardes dans la glace. Tes yeux ont pris l’air d’être frappés par un coup de foudre, d’une éruption volcanique ou d’une goutte d’eau versée dans une poêle d’huile chaude. Tu sembles réveillé maintenant. Toujours silencieux, tu ne dis aucun mot et tu ne te dis aucun mot.

Ton fond sommeille toujours. Une envie caféinée scintille dans ta tête. Peu de piétons en vue, tu sillonnes les ruelles. Les cafés sont entrain d’ouvrir leurs portes. Tu t’installes courageusement dans le café habituel après l’ultimatum du choix de la table. Toutes les tables sont vides. Le serveur encore en mode vestimentaire normal, vient vers toi en lançant d’une manière directe et joyeuse : ‘Bonjour, comme d’habitude?!’. Tu souris généreusement et tu lui fais signe par la tête. Les paroles n’arrivent pas à sortir. Le jeu de mimes est toujours impressionnant les matinées. Les feuilles des arbres frissonnent. Des retraités matinaux font leur marche tout doucement. Les gardiens des parkings se ramènent chacun dans son territoire portant leur gilet fluorescent. Les balayeurs de la commune s’armant de leur balaie-palmier arpentent la rue afin de ramasser les ordures et les restes d’une soirée bien animée. Toujours assis sur la chaise, Les mains dans les poches, ton regard figé sur le peu de gens qui passent devant toi, tu contemples. Ils ne parlent pas. La plupart sont en phase de méditation avec eux même. Certains fument leur première cigarette championne de la journée et d’autres gambadent avec leur pain baguette dans la main. L’odeur du pain mêlée à l’oxygène frais du matin rend le temps figé. Le serveur du café en face, dont les tables toujours sont vides, se ramène avec un sac en plastique rempli de miettes de pain. Il s’accroupit et donne aux chats rassemblés à côté de quoi se rassasier. Le serveur semble heureux. Des yeux sourient sincèrement aux chats. Il profite de cette latence, de ce laps de temps pour être soi-même avant d’être influencée par l’activité frénétique ordinaire de sa journée.

Tu savoures ton café. Des personnes s’installent au fur et à mesure. Ils sont éparpillés dans les tables. Une seule chaise est prise dans chaque table. Les cafés le matin sont dédiés pour toute personne qui veut prendre une tasse de café avec soi-même… Le temps que le corps l’esprit et l’âme se réveillent complètement.

(BIB)

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